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05 octobre 2008

Faim par milliards

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" ... Quoi de plus important que de sauver les banques, à l'heure où des milliers d'enfants taisent leur faim ? ... "

Maryvette Balcou, 30 septembre 2008

 

26 septembre 2008

Girafes

Il n'y a plus de girafes

Parties sans épitaphes

Ni trompettes absentes

Dissoutes sans tambours

A mon appel vain et sourd

Hagard éperdu dans la sente

Elles ne répondent plus

Longs cous tête feuillue

Elles m'ont laissé tomber

Je suis là bizarre bouche bée

Perplexité descente sur terre

Mais que deviens je de quel bois

De quel trempe suis je devenu

Pour ne plus entrevoir des nues

Que les âmes aux amers abois

Et là zordi je me vois à terre

Groggy coco plein confit

Corps à coeur battant

Humant haletant le temps

Fuir les attirants défis

Girafes où êtes vous

Horizons lointains

Courage éteint

Montrez vous !

09 septembre 2008

Dieudonné Arside

Judex et Rose-Améline sursautèrent simultanément quand surgirent soudainement à leur côté une marée de mouvements désordonnés issus d’un être dont l’apparence humaine était évidente, malgré l’incongruité première de son comportement spontané. Les bras s’élançaient par saccades vers l’avant ou latéralement, décrivant d’amples mouvements dont il semblait que le but premier était de montrer un point éloigné dans le ciel ou à l’horizon, ou de se protéger d’un ennemi attaquant par surprise. Amples mouvements s’accélérant puis se freinant tout aussi rapidement, accompagnés, sans aucune coordination, par ceux de jambes dont la fonction restait pourtant de soutenir celui à qui elles appartenaient, et même de lui permettre la fonction de mobilité par la marche, si on pouvait appeler marche ce qui ressemblait plus à une danse ou un rituel étrange.
Il s’agissait bien entendu de Dieudonné, le fils de madame Arside. Son visage se lançait maintenant dans une succession de contorsions qui rappelaient à Judex les descriptions de Quasimodo. Les lèvres s’avançaient puis reculaient, s’ouvraient avec parcimonie pour laisser passer des sons aigus accompagnés de sourires. Dieudonné parlait, souhaitait la bienvenue aux visiteurs. Son corps s’était calmé, et ne lançait plus que quelques soubresauts incontrôlés. Les deux arrivants le remercièrent puis se dirigèrent vers la case et s’installèrent dans l’une des deux uniques pièces pour attendre Madame Arside que Dieudonné était allé chercher au poulailler.

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02 septembre 2008

Touffes d'oiseaux

Tagué par Rony. Je réagis avec retard : je tague (c'est bien parce que c'est toi, rony...) mais j'en profite savourer des mots magnifiques que je jette sur le clavier, et je tague à mon tour.... (Règlement : 1- Citer la personne qui nous a "tagué"; 2- Indiquer le règlement; 3- Choisir un livre, l'ouvrir à la page 123; 4- Recopier à la 5ème ligne, les 5 lignes suivantes; 5- Indiquer titre, auteur, éditeur, année d'édition; 6- Taguer 4 personnes.)


Touffes d'oiseaux qui explosent. Voltes de papillons abî-

més dans l'extase. Montées au rythme des tambours. Ordres

à la pluie. Injonctions amoureuses aux fécondes. Soumissions

au soleil. Misères des possessions dans le cercle des flammes.

Impudeurs dans l'offrande des soieries sur un ventre.

 

L'esclave vieil homme et le molosse, Patrick Chamoiseau, 1997

 

nono,rosa,oxygene,laudith

 

28 août 2008

Sourires

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Afrique, quand tu nous tiens.
Afrique, ô merveille.
Emotions, vérités, catastrophes.
Horreurs, beauté, contradictions.
Enfants, paix, maladies.
Vivre quand même survivre partager.
Afrique, quand l'occident te bouffe.
Afrique, ô civilisation.
Afrique tu nous tiens.
Afrique, ô Afrique.
Tes vieux sont les sages que l'on respecte.
Afrique, je suis happé par toi, tes amours,
Ta sagacité, tes artistes, ta fraicheur
Et tes blessures béantes. Attention ô Afrique.
Attention à l'hypnose des rapaces.
En Occident ils se mettent sous anti-oxydants.
En Orient sous perfusion
Combien de temps tiendras tu ?

11 juillet 2008

Chine ?

En raison de l'évolution du style de vie et d'alimentation, plus d'un cinquième de la population adulte en Chine est devenue obèse ou est en surpoids, indique une étude parue mardi 8 juillet dans le journal Health Affairs. Le taux de prévalence de l'obésité pourrait doubler dès 2028 si rien n'est fait pour s'attaquer à ce problème de santé publique. Le rythme de progression - 1,2 % des hommes devenus obèses chaque année depuis dix ans - est plus rapide que dans n'importe quel pays en développement, sauf au Mexique, et plus rapide que dans les pays occidentaux.
 

29 juin 2008

Hébétude

Le soir a doucement jeté sa cape

Avec lui la fraicheur s'est installée

Hébétude lente torpeur de l'esprit

De paresse douce je me suis épris

L'aiguillonante ferveur s'en est allée

La lassitude a fait son travail de sape

Chants des insectes rythme insolent

Vrombissement de la ville agression

Je ne sais pas je ne sais plus guère

Ignorer oublier le sel de la terre

Laisser aller ne pas faire diversion

Laisser faire le tempo indolent

Glisser en sourdine dans l'onde

Gouter le nirvana sans retenue

Pensée onctueuse larvée

En ton sein je vais me lover

Paisiblement m'abandonner nu

A la délicatesse féconde 

 

Port d'armes

Z'avez vu ça ? La cour suprème des États-Unis a interdit l'interdiction du port d'armes et a débouté le maire de Washington.

Estomaqué.

28 juin 2008

L'îlet de Mme Arside

L’ilet était maintenant bien visible. Il avait été nécessaire de pénétrer quelques dizaines de mètres dans le bois relativement touffu pour commencer à apercevoir le toit de la première et seule case encore vaillante, là où une dizaine d’entre elles se serraient encore les unes contre les autres quelques années auparavant. De loin, on aurait cru plutôt à un amoncellement de tôles traversées parfois par une plante envahissante tentant de regagner à mesure du terrain sur cet amas artificiel dont l’anachronicité n’était plus mesurée que par les quelques insectes, oiseaux, ou animaux ayant gardé dans leur mémoire ancestrale les traces du lent combat de l’homme contre lui-même.
Sur la droite, l’oeil était d’emblée attiré par l’harmonie de couleurs que madame Arside s’appliquait à maintenir grâce à la complémentarité de plantes et de fleurs choisies avec art et scrupuleusement entretenues. Le poinsettia n’avait rien à envier de l’exubérance humide des forêts tropicales, et rivalisait de hauteur avec le frangipanier aux tâches blanches. Bougainvilliers, azalées et rosiers tempéraient le rouge claquant du poinsettia et des hibiscus, offrant à l’oeil une note intermédiaire s’accordant parfaitement avec les bleus, jaunes légers, et verts aux différentes nuances disposés dans le parterre de fleurs qui accueillait le visiteur. Dans un coin, l’amas de bananiers bien fournis dont les feuilles se promenaient délicatement sous l’effet d’une légère brise apaisait la toile de fond au centre de laquelle trônait le vert rude du manguier...
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Suite...

26 juin 2008

Recrutement des enseignants-chercheurs

A l'université, on recrute entre soi. Souvent dénoncée, l'endogamie du monde académique n'avait jamais été quantifiée. Pour la première fois, deux sociologues, Olivier Godechot, chercheur au CNRS, et Alexandra Louvet, doctorante, ont calculé l'ampleur du phénomène qui amène les universités à privilégier systématiquement le recrutement de leurs anciens docteurs à des postes d'enseignants-chercheurs (maîtres de conférence et professeurs). Toutes universités et disciplines confondues, les candidats locaux ont dix-huit fois plus de chances que les candidats extérieurs d'obtenir un poste. Pour certaines disciplines ou universités, ce facteur peut atteindre 50 voire 500 ! Ce "localisme" ne poserait pas problème s'il ne battait en brèche les principes d'équité entre les candidatures. Il soulève à plus long terme la question de la qualité de l'enseignement et de la recherche universitaires. Aucune discipline n'y échappe...
 
Le Monde, 30 avril 2008

23 juin 2008

Heureux ?...

"J'ai décidé d être heureux , parce que c'est bon pour la santé." (Voltaire)

Citation glanée chez Goellia... 

  

22 juin 2008

Le principe de la grenouille chauffée

Vous connaissez ? Non ? ALors, si vous ne voulez pas finir complètement cuits à petit feu allez faire un tour du côté de chez rony ou de chez dominique

21 juin 2008

Sauver l'hôpital public

L’hôpital public a subi plusieurs attaques : pénurie de personnel médical conséquence d’un numerus clausus trop restrictif poursuivi pendant deux décennies, manque d’infirmières aggravé par les conditions d’application de la loi des 35 heures aux hôpitaux, sous financement délibéré par la tarification dite à l’activité sous évaluant lourdement les activités de l’hôpital public, limitation abusive de l’enveloppe budgétaire nationale. Résultat : 29 des 31 Centres Hospitalo-Universitaires (CHU) ont un compte d’exploitation négatif, le déficit programmé des hôpitaux dépasse, comme prévu, les 350 millions d’euros. Le retour à l’équilibre nécessiterait d’après la Fédération Hospitalière de France la suppression de 20 000 emplois. Pendant ce temps, la Générale de Santé, qui possède 180 cliniques privées, a versé 420 millions d’euros à ses actionnaires. Le secteur des cliniques privées à but lucratif se développe et se restructure sous l’emprise des fonds d’investissements internationaux, exigeant des taux de rentabilité financière entre 15 et 20 %.

Certes, les hôpitaux doivent améliorer leur organisation et leur efficience, mais les réformes en cours et une partie des mesures préconisées par le rapport du sénateur Larcher, vont entraîner une privatisation progressive de l’hôpital public. Bientôt, les médecins et chirurgiens et même les directeurs d’hôpitaux pourront être embauchés sous contrats privés avec intéressement aux bénéfices selon une logique contraire à l’éthique du service public. La prochaine étape sera le changement de statut des hôpitaux pour permettre plus facilement des licenciements, considérés comme une variable de régulation financière. Telle est la logique de « l’hôpital entreprise » et de la marchandisation de la santé. Parallèlement, cette course à la rentabilité entraînera la suppression d’activités médicales jugées peu ou pas rentables, le développement des cliniques privées à but lucratif et la généralisation des dépassements d’honoraires.

Du paiement à l’activité de l’hôpital au paiement à l’acte des chirurgiens et des médecins, du paiement à l’acte aux dépassements d’honoraires, des dépassements d’honoraires à l’entrée des assurances dans le système de soins, voilà l’enchaînement dans lequel nous sommes rentrés. Le système de santé français, basé sur la solidarité, permettant à chacun d’être soigné pour l’essentiel selon ses besoins et pas selon ses moyens, va laisser place à un système mixte où la part de la solidarité sera réduite tandis qu’augmentera la part des financements personnels assurés par la souscription à des assurances privées. Chacun sera alors soigné en fonction de ses moyens. Ce sera la santé, non pas à deux vitesses, mais à dix vitesses ! La carte Bleue remplacera la carte Vitale !

APPEL "Sauver l'hôpital public" 

17 juin 2008

Mashinasyon

Machination, fais gaffe machination

Manipulation, fais gaffe manipulation

Nos corps comme nos esprits 

Sont encerclés, robotisés

Par la société

Nos vies comme nos âmes

Sont ... 

 ... Mal parlé, farfouillé...

 




Nathalie Natiiembé, "Mashinasyon", Sankèr, 2005

Mashinasyon, pangar mashinasyon    

Manipulasyon, pangar manipulasyon

Nout kor èk nout lèspri

Lé antouré, robotizé

Par la sosiété

Nout vi èk nout zam

Lé mal parlé, lé farfouyé...


 

14 juin 2008

Les arbres du côté de la montagne

"Notre chambre était tout au bout de la maison, du côté de la montagne. Quand il allait pleuvoir, la montagne semblait tomber sur nous, je me souviens, nous avions l'impression de pouvoir la toucher en tendant les bras. Ce qui était bien, c'étaient les arbres, nous voyions tous les arbres de la forêt, les ébéniers plantés par mon grand-père, et les bois noirs, les acajous, les cèdres amers. C'était magnifique, quand le vent soufflait je voyais leurs cimes bouger, et il y avait toujours des oiseaux dans les branches. On ne la voyait pas, mais la cascade était tout près, et lorsqu'il pleuvait [...] nous restions devant la fenêtre, la montagne avait disparu dans un nuage, et nous écoutions le bruit de la pluie sur les feuilles des arbres, ça venait par ondées, comme un grand animal qui bousculait les feuilles, et on entendait le bruit de la cascade qui grandissait, qui grandissait, ça nous faisait peur..."

 JMG Le Clézio. Révolutions.